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Comment vous sentiez vous, entourée par un réalisateur culte comme Corbijn, Robert Pattinson et Dane DeHaan?
Alessandra: "Anton est incroyable: c'est un homme grand et dégingandé, qui a été un grand photographe dans le monde de la musique et il regarde tout avec une grande attention, chaque petit détail.
Dane est super. Lui et Robert sont extrêmement généreux. Nous nous sommes rencontrés lors des répétitions et ils ne m'ont jamais fait sentir étrangère. Ils m'ont fait parler en Italien, puis ils répétaient ce que je disais, pour apprendre. J'ai été présente sur le tournage seulement pendant 3 semaines.
Je n'oublierai jamais une chose que Robert Pattinson a faite. Dans le film il y a une scène dans laquelle Dane et moi sommes dans un lit et il reçoit un appel téléphonique de Dennis / Pattinson. Il (Robert) n'est pas dans la scène, alors dans le film nous ne pouvons pas voir ou entendre ce qu'il dit. Généralement les voix "cachées" sont faites par l'assistant du réalisateur, mais cette fois là c'était lui même qui parlait: Robert Pattinson était caché derrière un écran, répondant à Dane / Jimmy Dean. Il est resté caché là pendant une heure ... "
What were your feelings, being among a cult director as Corbijn, Robert Pattinson and Dane DeHaan?
Alessandra: "Anton is amazing: he is a tall, lanky man, that has been a great photographer in the music market and who follows everything with attention, every small detail.
Dane is great. He and Robert are extremely generous. We met at the rehearsals and they never made me feel foreign. They made me talk in Italian, and then they repeated what I was saying, to learn. I have been on set for three weeks only.
I'll never forget one thing that Robert Pattinson did. In the film there is a scene where Dane and I are in bed and he receives a phone call from Dennis / Pattinson. He (Robert) is not in the scene, so in the movie we can’t see or listen to what he says. Typically the "hidden" voices are made by the director’s assistant, instead, this time, he was the one speaking: Robert Pattinson huddled behind a screen, responding to Dane / Jimmy Dean. He stayed huddled and hidden for one hour..."
Vous n'avez pas imaginé Robert Pattinson en tant que James Dean du tout?
Robert est tellement sympathique, et pas du tout ce à quoi on s'attend, alors oui, mais en même temps, je vois beaucoup de caractéristiques de Dennis Stock chez Robert. L'insécurité, la volonté de prouver qu'il est un acteur, autant que Dennis voulait prouver qu'il était un photographe. J'aime ce genre de parallèles. Je peux imaginer qu'il voulait en savoir beaucoup sur les détails techniques de la photographie à ce moment là. Oui, Rob a été pourvu d'un appareil photo, des mois avant le film, parce que je voulais qu'il s'habitue à l'avoir avec lui et qu'il prenne des photos quand il voulait et qu'il fasse ses propres recherches.
Did you ever imagine Robert Pattinson as James Dean at all?
Robert’s so nice, and not what you’d expect, so yes, but at the same time, I see a lot of the characteristics of Dennis Stock in Robert. The insecurity, the wanting to prove he’s an actor, much as Dennis wanted to prove he was a photographer. I like these kind of parallel things. I can imagine him wanting to know a lot about the technical details of photography at that time. Yes, Rob got a camera, months ahead of the film, because I wanted him to become familiar with having that with him and taking a picture every now and again and searching for something.
Anton Corbijn : "Avec 'Life', il n'était pas question de faire un biopic sur James Dean"
La relation étrange qui unit un photographe et son modèle passionne le cinéaste néerlandais. Portraitiste de U2 ou de Ian Curtis, Anton Corbijn explore dans son film “Life” (avec Robert Pattinson et Dane DeHaan) l’instant magique où James Dean se donnait à l’objectif.
Le cinéaste néerlandais Anton Corbijn a choisi d’imaginer la rencontre entre James Dean et Dennis Stock, le photographe qui, en 1955, a réalisé une série d’images mythiques du jeune acteur pour le magazine Life. Du haut de ses bientôt 60 ans, Anton Corbijn connaît mieux que quiconque les coulisses de ces cérémonies mystérieuses entre un photographe et son modèle. Ses portraits charbonneux d'Ian Curtis, de Johnny Rotten, Captain Beefheart, Miles Davis, U2, Depeche Mode et de centaines d’autres ont fait de lui l’un des photographes les plus talentueux de sa génération. Quelques jours avant de s’envoler pour le festival de Deauville, où il présentera son film pour la première fois au public français, il a accepté d’en livrer quelques secrets. Extraits de l'entretien publié dans Télérama, ce mercredi 9 septembre.
Quand le projet a été annoncé, certains imaginaient que Robert Pattinson incarnerait James Dean.
Beaucoup de gens ont sans doute fait inconsciemment le lien entre les deux acteurs. Leurs débuts de carrière, leur notoriété fulgurante et leur charisme ont pas mal de points communs. Mais cela n’a jamais été mon idée. Il n’était pas question de faire un biopic sur James Dean. C’est même le contraire. Ce qui m’intéressait, c’est Dennis Stock, le photographe, à un moment très particulier de sa vie et de sa carrière. Quand il rencontre un jeune acteur encore presque inconnu et dont nous savons, nous, spectateurs, qu’il deviendra un mythe, en partie grâce à ces photos. C’est donc Stock le personnage principal du film. Pour autant, il fallait pour ce projet que l’acteur qui allait incarner James Dean à l’écran soit crédible, sans quoi cela n’aurait pas pu tenir debout.
Comment s’est opéré le choix de Dane DeHaan ?
Je l’ai vu dans tous ses films et j’ai toujours été très impressionné par son jeu. A chaque fois. Il accroche la lumière de manière étonnante. Et j’ai pensé à lui pour le rôle de James Dean, bien qu’il ne lui ressemble pas, parce que Dane est capable de fournir un travail considérable pour coller à ce que je demandais. Il a notamment énormément travaillé sur l’allure de James Dean ; pas le Dean qui est devenu si célèbre, mais le jeune homme avec des manières et une allure de garçon de ferme, un peu emprunté, indécis. Et c’est son jeu, sa manière de s’être accaparé cet être très particulier, qui permet de croire au personnage et à l’histoire.
Avec Life, vous vous êtes emparé d’une histoire qui dit beaucoup de vous-même et de votre carrière de photographe portraitiste…
C’est vrai. Dans mon travail, j’ai à de nombreuses reprises vécu des choses très fortes avec ceux dont je faisais le portrait. Parfois le temps de la rencontre, mais aussi sur des périodes beaucoup plus longues. Je pense notamment à Herman Brood, un musicien néerlandais avec lequel j’ai travaillé à mes tout débuts, dans les années 1970, et avec qui je suis resté très lié jusqu’à sa mort [en 2001, NDLR]. C’est valable également pour U2 ou Depeche Mode, dont je suis proche depuis très longtemps. Avec eux, j’ai fait des portraits, des pochettes d’albums, des clips.
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When the project was announced, some imagined that Robert Pattinson would embody James Dean.
Many people have probably done unconsciously the connection between the two actors. Their early career, their lightning fame and charisma have a lot in common. But that was never my idea. It was out of the question to make a biopic about James Dean. It's even the opposite. What interested me is Dennis Stock, the photographer at a very particular moment of his life and career. When he meets a young actor still almost unknown and who we know, we, the spectators, would become a myth, partly thanks to these pictures. It's Stock the main character of the movie. However, it was necessary for this project that the actor who will embody James Dean on the screen was credible, otherwise it could not work.