

Transcription Grazia (sortie en France le jeudi 8 novembre):
Robert Pattinson, Un Homme, un vrai
Éternel jeune premier, nouvelle coqueluche du cinéma d'auteur,
saint patron des hommes bafoués: la star de Twilight collectionne les
étiquettes. Mais à la veille de la sortie du dernier épisode de la saga,
on le découvre surtout capable d'écraser les clichés. Rencontre.
Environ 12 ans. C'est l'âge qu'on donnerait à ce
garçon au sourire mutin, casquette de base-ball vissée sur la tête,
sweat-shirt informe et jean à la coupe, disons, approximative. Non,
vraiment, pas le genre de garçon capable de déclencher une sécrétion
massive d'hormones du désir. Pourtant, Robert, car c'est son nom, est
beau, d'une beauté taillée pour faire chavirer les cœurs des très jeunes
filles, ce que nous ne sommes de toute évidence plus. De toute façon,
Robert - fait rare pour un acteur - n'est pas dans la séduction. Et,
autre étrangeté compte tenu de son statut de tête d'affiche de la
franchise la plus rentable de la décennie: il reçoit seul. Dans cette
suite d'un hôtel de luxe de Beverly Hills où, sur un écran, tournent en
boucle les images d'un Pattinson livide volant avec des loups-garous au
travers d'un truc en feu (forêt ? Camion-citerne ?), il n'y a ni attaché
de presse, ni agent, ni assistant. Juste lui, et sa cigarette
électronique, qu'il fume tranquillement en vantant les mérites de la
vapeur d'eau. Apparemment donc, Robert prend soin de sa santé, il a
décidé d'arrêter la nicotine, le goudron, et Twilight. Ce jour-là, en
effet, c'est la dernière fois qu'il doit parler vampirologie pour
assurer la promo de la saga auprès des journalistes. Révélation 2ème
partie, cinquième et dernier épisode d'une série qui a rapporté, depuis
2008, 2,4 milliards de dollars, sera en salle le 14 novembre, et
ensuite, Robert pourra enfin reprendre une activité normale, loin des
loups-garous, des trucs en feu, des paparazzis, et des très jeunes
filles. C'est en tout cas ce qu'il pensait lorsque que nous l'avons
rencontré fin juillet, exactement huit jours avant qu'éclate "le
scandale", soit une série de photos de sa petite amie vampire, Kristen
Stewart, surprise en position fort inconfortable avec le réalisateur
Rupert Sanders, de vingt ans son aîné. Soyons rationnels: c'est ce qu'on
appelle une humiliation publique. Mais on en est persuadé, "le
scandale" glissera sur lui comme sur les plumes d'un canard. La preuve
par quatre.
Il a de la ressource.
Gueule d'ange riche à millions,
Pattinson, 26 ans, est béni des dieux hollywoodiens. Mais dès sa
première apparition dans Twilight en 2008, on lui prédit un avenir
d'étoile filante, de celles qui disparaissent dans le néant du spectacle
avec l'entrée dans l'âge adulte. Alors, Robert souffre. De ne pas être
reconnu par ses pairs. De devoir faire semblant de voler dans des films
qu'il ne cautionne plus. En avril 2011, alors qu'il tourne les deux
derniers épisodes de la saga en Louisiane, il se confie à une
journaliste de Vanity Fair: "Je n'ai plus de mémoire, je ne peux plus
écrire, je passe mes journées enfermé dans ma loge devant la télé, et je
n'arrive même plus à trouver la force de changer de chaîne." Les plus
informés d'entre nous auront reconnu les symptômes de la dépression.
Robert a alors l'estime de soi dans les chaussettes, mais il tient bon
et refuse les projets qu'on lui propose: "C'était très dur, nous dit-il
en tirant sur sa cigarette électronique. Je voyais tous les acteurs de
Twilight devenir énormes pendant que moi, je ne faisais rien. Parfois,
je me disais: allez Rob, fais un autre blockbuster, une comédie bien
débile..." Il n'a finalement pas plié, et il a eu raison. Car un jour,
Pattinson reçoit l'appel de David Cronenberg, qui lui propose le rôle
principal de Cosmopolis. Depuis il est l'enfant chéri du cinéma
indépendant, prépare un film avec Werner Herzog et s'apprête à tourner
en Irak avec le Français Jean-Stéphane Sauvaire. Robert voulait la
reconnaissance. Il l'a eue. Normal: Robert sait être patient. (...)
Il a un cerveau.
Il ne boit pas, ne se
drogue pas, ne sort pas: Robert a la vie poussièreuse d'une vieille
bibliothécaire. Il lit, beaucoup, Marton Amis, David Foster Wallace,
mais aussi Houellebecq, qu'il idolâtre: "La dernière fois que je suis
venu en France, il m'a proposé d'aller boire un café..." Robert rougit
et lève les yeux au ciel avant d'enchaîner, en émettant un petit rire
complètement adorable: "Mais je n'y suis pas allé! J'ai eu la trouille!
Je n'avais pas lu La Carte et le Territoire, et je me suis dit sur ce
n'était pas correct." Depuis toujours, Robert écrit. Il a même développé
un scénario adapté d'un livre de Lillian Hellman, auteur américaine
victime du maccarthysme dans les années 50. Ce projet n'a jamais vu le
jour, comme les dizaines d'autres scénarios qui dorment dans un de ses
tiroirs. Des échecs relatifs que Pattinson envisage avec le recul amusé
d'un vieux sage: "J'ai rencontré des producteurs ici, mais rien de ce
que j'écris ne pourra jamais être réalisé. Pour les studios, si le
concept n'est pas assez simple pour être immédiatement marketé, c'est
mort. Du coup, les films les plus distribués en salles ne sont pas les
plus exigeants. Et le plus drôle, c'est qu'en tant qu'acteur, vous devez
précisément décrocher des rôles dans ces films, pour gagner en
popularité. Bref, vous devez apparaître dans des crétineries, ce sont
les règles de cette industrie."
Il est humble.
Robert n'a jamais la tête
qui tourne. Robert est british, il a l’auto-dérision et la distance
critique inscrite dans les gènes, quitte à flirter parfois avec l’auto-flagellation. Catapulté dans un milieu qui n'est pas le sien -papa
importe des voitures, maman travaille dans une agence de mannequins- il
semble perpétuellement se préparer au pire, à savoir la chute: "Je
m'attends à ce que, dans quelques années, les gens me disent: "Oui, je
me souviens de toi, mais sinon t'as fait quoi après Twilight ?" C'est
quand même flippant, non ?" Et Robert rit, de ce même petit rire à
croquer, comme pour écarter le mauvais œil. Pathologiquement anxieux,
Pattinson surveille tout et guette avec angoisse les dérapages de son
propre ego: "Franchement, parfois, je me sens aspiré dans le grand trou
noir des douchebags.... Dans ces moments-là, il faut que je fasse
l'effort de me reconnecter avec la réalité. Sinon, ça peut être
abyssal." À l'entendre parler, avec une franchise proprement
déconcertante, on peine à l'imaginer se laisser un jour happer par le
grand cirque des vanités.
Il est normal.
Quand on lui demande ce que
Twilight lui a apporté de plus jouissif à ce jour, Robert propose une
réponse surprenante: "Sur le tournage, j'ai découvert le meilleur
shawarma (kébab, ndlr) du monde: il est à Vancouver." En voilà une bonne
nouvelle. Et sinon, la célébrité? Non, il s'en fiche, et s'en
débarrasserait même volontiers. L'argent? "Oui... Mais j'ai un rapport
un peu tourmenté à l'argent, je n'aime pas trop dépenser. Je crois que
mon achat le plus inconsidéré, c'est un lot de cinquante casquettes de
base-ball trouvées sur eBay. Mais dans le paquet, il n'y
en qu'une seule qui me plaise vraiment." Robert à les mêmes amis depuis
dix ans, qu'il retrouve régulièrement dans deux ou trois bars de Los
Angeles, suffisamment insignifiants pour ne pas déclencher des ballets
de paparazzis. Pattinson est donc le François Hollande d'Hollywood, un
homme qui s'échine à être normal. Peine perdue. Car ce qu'il redoute le
plus, la machine à marketer le réel et a transformer les acteurs en
produits, est en train de le rattraper malgré lui. Selon la presse US,
Kristen et Robert se seraient finalement réconciliés. Une apparition
publique serait d'ailleurs programmée pour la première de la suite et
fin de Twilight, le 12 novembre, au Nokia Théâtre de L.A. Une happy end
sur tapis rouge: les producteurs de la saga pouvaient-ils rêver meilleur
coup marketing?
(Merci à Chloé!)
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